Le Grand Prix National de l’Ingénierie, lancé par Dominique Perben avec la fédération professionnelle de l’ingénierie, Syntec-Ingénierie, et le concours du Moniteur, récompense les ingénieurs et les équipes qui ont su concevoir et mettre en oeuvre des ouvrages ou systèmes (infrastructures, équipements publics, bâtiments et constructions industrielles) se distinguant notamment par leur complexité et leur caractère innovant.
Il est attribué à Jean-Paul Teyssandier avec une équipe composée notamment de Gilles de Maublanc (GEFYRA) et d’ingéniéristes tels que INGEROP, Géodynamiques et Structures pour la conception du Pont de Rion Antirion à l’entrée du golfe de Corinthe.
Les études pour la conception et l’exécution des équipements et construction en France se sont élevées à environ 17 milliards € en 2005. Les sociétés de conception et d’ingénierie, qui réalisent ces études, représentent largement plus de la moitié de cette activité. Elles emploient environ 100 000 personnes, majoritairement des ingénieurs et cadres, et exportent plus de 2 milliards € d’études. L’ingénierie des infrastructures de transport et de génie civil est une vraie spécialité française, qui marie les compétences publiques, privées, indépendantes et intégrées.
Quatre prix sont décernés à des ingénieurs et à leurs équipes ayant conçu des réalisations remarquables ou originales révélant la diversité et la richesse de l’ingénierie.
Le pont de Rion Antirion.
Le prix remis pour le pont de Rion Antirion
Cet ouvrage de grande longueur (2 883 mètres), qui a valu à ses concepteurs le Grand Prix de l’Ingénierie, franchit le détroit de Patras en Grèce.
Dans cette zone de forte sismicité, il a fallu imaginer des solutions nouvelles pour réussir le pari d’un ouvrage sûr malgré des fonds marins de mauvaise qualité. Ce pont comporte donc des appuis sous-marins et un tablier indépendant de ces appuis, suspendu à des haubans.
Il est le symbole d’une technicité complexe et d’innovations remarquables, pour la mise au point desquelles les deux responsables du projet ont su faire appel à de nombreuses compétences d’ingénierie.
Trois prix spéciaux sont également attribués à :
Le prix remis pour l’usine de l’A 380
Pierre Pecout, qui, avec son équipe, a conçu et supervisé la construction de l’usine de montage de l’Airbus A380.
Ingénieur de la société Technip TPS, il a conduit le groupement de maîtrise d’œuvre pour une performance qui nécessitait une large part d’innovations. Le défi consistait à réaliser un bâtiment aux dimensions exceptionnelles dans un délai qui devait tenir compte des modalités du montage du nouvel avion.
Mireille Raymond, ingénieur de la société d’ingénierie BCEOM (filiale du groupe Egis), qui a conçu le système ESPADA (Evaluation et Suivi des Pluies en Agglomération pour Devancer l’Alerte). Ce système permet aux responsables locaux de prendre les meilleures décisions au moment des crues.
Il constitue une première en France, qui rend possible une anticipation de la crise, une alerte plus précoce et une vision du développement de la situation, afin d’adapter au mieux les réactions des élus et des secours.
Le prix remis pour le pont mobile de Rouen
L’équipe composée de M. Moussard, directeur de projet et B. Gausset - ARCADIS, J.P.Ghilardi - EURODIM, C. Servant – EIFFAGE TP, M. Virlogeux, ingénieur consultant et A. Zublena, architecte, a conçu le plus grand pont mobile de France pour le franchissement de la Seine à Rouen. L’un des enjeux pour les auteurs de cet ouvrage colossal était de réussir son intégration dans le paysage rouennais.
Le prix de l’Ingénierie du Futur : les jeunes ingénieurs face aux défis du développement durable
Destiné aux élèves des écoles d’ingénieur publiques et privées, le Prix de l’Ingénierie du Futur, lancé par Syntec-Ingénierie, avec le soutien convaincu de Dominique Perben, ministre des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer, invitait les étudiants à s’interroger sur l’utilisation possible des développements des sciences et des technologies pour faire face aux grands défis à l’horizon 2020 :
le changement climatique,
l’épuisement des ressources pétrolières,
la culture du « risque zéro »,
la crise du périurbain,
les pollutions.
La trentaine de dossiers remis révèle l’importance pour les futurs ingénieurs, d’un avenir où l’on économise l’énergie, où l’on développe les transports propres et où sont réglés les problèmes de déchets.
Le jury, composé de journalistes, de représentants de ministères, de directeurs d’écoles et de dirigeants de sociétés, a décerné deux prix aux auteurs de projets respectivement dans le domaine de la construction et dans celui de l’industrie :
l’un pour avoir imaginé une navette permettant un système de transports en commun non stop,
l’autre pour une utilisation astucieuse des sédiments fluviaux.
Ainsi, les lauréats des Prix de l’ingénierie du futur sont, cette année, 2 élèves de l’EGIM/Ecole centrale de Marseille (Maxime Gappe de Baillon et Arnaud Woiselle), pour le projet "les réseaux dynamiques", qui organise un système de transports permettant les descentes et les montées sans arrêt du train, et 6 élèves de l’Ecole centrale de Lille (Sophie Lhérault, Marie Berthou, Céline Lefbvre, Mohamed Benchaa, Clément Brossard, Emilien Verneret), pour leur projet SDINOV, qui allie protection de l’environnement et développement industriel grâce à la réutilisation des sédiments fluviaux dans la fabrication de briques.
Les élèves de l’EGIM/Ecole centrale de Marseille
Les élèves de l’Ecole centrale de Lille
Les quatre auteurs de projets de conception d’habitat ou de transports économes en énergie seront également nominés.
Pour poursuivre dans cette direction, Syntec-Ingénierie, la fédération des professionnels de l’ingénierie, a créé un club des écoles d’ingénieurs partenaires pour renforcer les liens entre les écoles, les universités et les entreprises, afin de contribuer à la revalorisation des métiers liés aux sciences et aux technologies.
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Lire les discours de Dominique Perben et Claude Martinand