Les pôles de compétitivité ont été lancés en 2004 dans le cadre d’une nouvelle politique industrielle qui mobilise les facteurs clefs de la compétitivité, au premier rang desquels figure la capacité d’innovation.
Un pôle de compétitivité est sur un territoire donné, l’association d’entreprises, de centres de recherche et d’organismes de formation, engagés dans une démarche partenariale (stratégie commune de développement), destinée à dégager des synergies autour de projets innovants conduits en commun en direction d’un (ou de) marché(s) donné(s) à fort potentiel.
Les pôles de compétitivité, politique nationale de soutien à l’innovation
La politique des pôles vise à susciter puis à soutenir les initiatives émanant des acteurs économiques et académiques présents sur un territoire.
Par cette mise en réseau des acteurs de l’innovation, la politique des pôles a comme objectifs :
- de développer la compétitivité de l’économie française en accroissant l’effort d’innovation et en renforçant la synergie entre acteurs industriels et acteurs de la recherche ;
- de conforter sur des territoires des activités, principalement industrielles, à fort contenu technologique ou de création ;
- d’accroître l’attractivité de la France, grâce à une visibilité internationale renforcée ;
- de favoriser la croissance et l’emploi.
Après une évaluation positive de la première phase (2006-2008) de la politique des pôles, l’État a décidé d’affecter 1,5 milliard d’euros à une seconde phase (2009-2011) qui, outre la poursuite de l’accompagnement de la recherche et développement (voir la fiche sur le financement public de l’innovation), cœur de la dynamique des pôles, comprendra trois axes :
- le renforcement de l’animation et du pilotage stratégique des pôles, notamment avec la signature de « contrats de performance » et le renforcement du rôle des correspondants de l’État ;
- de nouvelles modalités de financements notamment pour les plates-formes d’innovation ;
- le développement d’un écosystème d’innovation et de croissance, notamment le recours plus important aux financements privés et la recherche de meilleures synergies territoriales.
Le ministère du développement durable est fortement impliqué dans les pôles de compétitivité
La mise en œuvre du Grenelle de l’environnement suppose de donner une impulsion forte à la recherche et au développement orientés vers le développement durable et d’encourager les efforts déjà engagés. Le réseau des pôles de compétitivité, instrument de politique industrielle et de soutien à l’innovation, constitue un vecteur pertinent de diffusion de ces priorités.
Le ministère est directement associé au suivi des pôles de compétitivité depuis 2005. A ce titre, la direction des la recherche et de l’innovation (DRI) le représente, à l’instar de la direction générale de l’aviation civile (DGAC), au Groupe de travail interministériel, qui assure le secrétariat permanent des pôles de compétitivité.
Le ministère participe directement au suivi de 10 pôles de compétitivité :
- 5 sont orientés vers les questions de construction, de logistique, de gestion du risque, et sont directement suivis par la DRI (Advancity, Pôle Génie Civil Ouest, Novalog, Mobilité et transports Avancés, Risques et vulnérabilité des territoires) ;
- 5 relèvent du secteur de l’énergie et sont suivis par la direction général de l’énergie et du climat (DGEC) (Capernergies, Derbi, Tenerrdis, Pôle Nucléaire Bourgogne et Trimatec).
De plus, la DGAC est associée au suivi de 5 pôles dont trois sont à dominante aéronautique (Aerospace Valley, Astech, Pegase, EMC2 et System@tic).
Enfin, leministère est fortement impliqué dans la démarche visant à mieux structurer le positionnement des pôles en matière de développement durable (extension du champ de compétence de certains pôles, dont AXELERA, ADVANCITY, TRIMATEC, IAR ; émergence de nouveaux pôles sur des sujets de développement durable non traités par les pôles existants).
La deuxième phase de la politique des pôles de compétitivité
Au vu des résultats de l’évaluation des pôles réalisée en 2008, le Gouvernement a décidé de poursuivre sa politique de soutien. La Direction de la recherche et de l’innovation, chargée pour le compte du ministère de la coordination de l’action du ministère sur les pôles de compétitivité, s’est mobilisée sur les différentes échéances qui ont jalonné le début de mise en œuvre de la deuxième phase de la politique des pôles de compétitivité (Pôles 2.0) :
- les contrats de performance que les pôles vont adopter en 2009 ;
- les feuilles de route stratégiques ;
- les plans d’action des pôles qui sont amenés à se recentrer (une douzaine) ;
- l’objectif de porter à 30 % des projets financés la part des projets relevant du développement durable.
Autres formes de clusters contribuant à l’éco-innovation
La politique des pôles de compétitivité ne focalise pas toutes les initiatives régionales ou locales dans le domaine de l’éco-innovation ou des éco-technologies. En effet, d’autres formes de clusters coexistent avec les pôles, sous des formes diverses :
- les Pôles régionaux : Eco-industries Poitou-Charente, CD2E Nord-Pas de Calais, démarche Prides en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Eco-industries Alès-Cévennes ;
- les Systèmes productifs locaux (SPL) : groupements d’entreprises, en majorité des PME/PMI qui mutualisent des moyens et développent des complémentarités sur un territoire de proximité, pour améliorer leur efficacité économique.
Plus d’une centaine de SPL sont suivis par la Commission nationale SPL, pilotée par la DIACT, et plus d’une soixantaine, dont certains pôles de compétitivité, sont membres du Club France Clusters.